CID 51 Modélisation, et analyse des données et des systèmes biologiques : approches informatiques, mathématiques et physique

X. La communauté

Les domaines interdisciplinaires sont flous et mouvants avant d'éventuellement devenir des disciplines à part entière. Cela oblige à un effort constant d'animation et de structuration d'une communauté scientifique dont la définition reste inévitablement imprécise. Ainsi, alors que des chercheurs restent attachés à leurs communautés d'origine et utilisent la biologie comme source d'inspiration pour des questions disciplinaires, d'autres prennent le risque de les abandonner. Les chercheurs qui restent au carrefour de différentes communautés peuvent être confrontés à des problèmes de communication, de reconnaissance et d'évaluation.

Plusieurs sociétés savantes aident à structurer la communauté de la CID51. La Société Française de Bioinformatique (SFBI) organise un congrès qui réunit entre 350 et 500 chercheurs tous les ans (JOBIM) et gère une liste de diffusion qui atteint plus de 5000 personnes en France et à l'étranger. La SFBI regroupe surtout des chercheurs autour de l'interaction entre informatique et biologie, en incluant la génomique, l'évolution, la biologie structurale et la biologie des systèmes. Les structuralistes se retrouvent aussi au sein du Groupe Graphisme et Modélisation Moléculaire. La Société Francophone de Biologie Théorique organise des séminaires annuels et des congrès internationaux francophones autour des relations entre les mathématiques et la biologie. La Société Française de Biophysique est très liée aux recherches sur les structures des molécules et la biochimie théorique et organise tous les deux ans un congrès national. Il existe aussi une communauté riche de modélisateurs qui se retrouvent dans des colloques et des écoles telles que l'école thématique interdisciplinaire du CNRS Berder-Porquerolles, ainsi qu'une communauté centrée sur la biologie des systèmes et la biologie de synthèse qui se réunit autour d'une école de chercheurs depuis plus de dix ans.

Les trois principaux outils du CNRS pour structurer l'interdisciplinarité sont les CID, la Mission pour l'Interdisciplinarité et les GdR. La deuxième finance de courts projets interdisciplinaires. Cela permet à de jeunes chercheurs de coordonner leur premier projet de recherche et facilite la mise en place de nouvelles collaborations, même si les montants accordés sont souvent trop faibles pour avoir un impact important en termes de recherche. Les GdR facilitent la discussion entre chercheurs de différentes disciplines, la création d'écoles thématiques et de réseaux de collaboration. Il y a des nombreux GdRs dans le champ thématique de la CID51 sur des domaines comme l'imagerie et le traitement du signal, la bioinformatique moléculaire, l'écologie statistique, la biophysique, et très récemment la biologie des systèmes.