Section 19 Système Terre : enveloppes superficielles

VI. Implications sociales, économiques et culturelles

Les thèmes de recherche développés dans la section 19 recouvrent un certain nombre de préoccupations sociétales (qualité de l'air, couche d'ozone, changement climatique, acidification et désoxygénation des océans, ressources en eau, extrêmes météorologiques, risques aéronautiques associés aux panaches volcaniques, nuages radioactifs, géo-ingénierie de l'environnement...). De nombreuses recherches réalisées par les chercheurs et enseignants-chercheurs relevant de la section 19 répondent à ces demandes sociétales et trouvent ainsi des applications directes ou indirectes en météorologie opérationnelle, prévision de la qualité de l'air et de l'eau et prévisions météorologiques, océanographiques et climatiques. C'est le cas par exemple des services européens Copernicus dans les domaines de l'atmosphère, de l'océan et du climat auxquels les laboratoires de recherche sont très actifs en relation avec d'autres organismes institutionnels français (IFREMER, Météo-France, IPEV, Ineris, Mercator Océan) et européens (CEPMMT). Plusieurs bases de données (Coriolis, ECCAD, IAGOS, GEISA...) et codes informatiques (comme les modèles CHIMERE et NEMO) sont maintenant distribués très largement auprès de la communauté internationale avec des applications opérationnelles multiples. Ces services bénéficient notamment de l'activité des pôles Atmosphère Océan et des services d'observations.

Les chercheurs et enseignants-chercheurs relevant de la section ont été particulièrement actifs dans des actions, comités scientifiques et rapports d'évaluation associés à des grands traités internationaux de protection de l'environnement (par ex. en lien avec la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique). La communauté française s'est également fortement investie dans la rédaction du 5e rapport d'évaluation du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) et du dernier rapport d'évaluation de l'Organisation Mondiale de la Météorologie sur l'état de la couche d'ozone, ainsi que dans les activités de communication qui s'en sont suivies.

Les efforts de communication vers le grand public se sont d'ailleurs multipliés et prennent diverses formes : ouvrages personnels ou collectifs pour les non-spécialistes (par exemple « Le climat à découvert »), sites internet de type Foire aux Question/FAQ (http://www.climat-en-questions.fr/) ou autres, interviews auprès des journalistes, conférences dites « grand public », journées portes ouvertes... Il existe aussi des revues spécialisées en langue française de grande qualité (telles que Pollution Atmosphérique, La Météorologie, Revue de l'atmosphère et du climat) aux côtés de revues commerciales (comme les Dossiers pour la Science) qui permettent de relayer l'information vers un public plus spécialisé.

On a vu se renforcer au cours des dernières années des liens avec des PME françaises qui interagissent avec les laboratoires de recherche, notamment sur les sujets de l'instrumentation (par ex. Environnement-SA, Novimet, Cimel, NKE, etc.), la télédétection spatiale (ACRI, Noveltis, Hygeos, Estellus, CLS, etc.), la prévision de la qualité de l'air (ARIA Technologies), ou encore les services climatiques. Les interactions avec les grandes entreprises existent aussi dans le cadre de bourses ou contrats industriels et même des contrats-cadres (Airbus, EDF, Total, AREVA, Veolia...). Par ailleurs, des partenariats avec les collectivités territoriales sont également développés dans le cadre de la prévention des aléas climatiques (inondation, submersion, risques glaciaires...) et de l'impact du changement climatique sur les ressources. Ces interactions multiples sont bien sûr à encourager. Néanmoins, il convient de préserver la liberté de la recherche publique et de garder un équilibre entre les activités de recherche plus fondamentales et celles qui sont plus appliquées.