Section 19 Système Terre : enveloppes superficielles

V. Formation

Le système universitaire national a connu des réformes importantes avec la mise en place du dispositif Licence, Master, Doctorat (LMD) à partir de 2003. Il connaît actuellement une restructuration régionale déterminante par l'instauration des COMUE (Communauté d'universités et établissements), la mise en place des mentions de Master et le nouveau cadrage des Licences (avec notamment moins d'enseignement disciplinaire).

Dans le même temps, une perte d'attractivité des emplois scientifiques et d'enseignement concernant les filières universitaires académiques et un attrait pour les filières « courtes » à objectifs professionnalisant clairement identifiés a induit une diminution notoire des effectifs en Master. Cette perte d'attractivité est accompagnée d'une désaffection des matières scientifiques « dures » (mathématiques, physique, chimie, biologie, géologie) pour une réorientation des étudiants vers des filières professionnalisées identifiées, notamment en Sciences de l'Ingénieur et en Environnement pour ce qui concerne les disciplines et thématiques associées à la section 19 du CNRS et 36 et 37 du CNU.

Cependant, les postes d'enseignants notamment en 37e section pourraient se retrouver réorienter vers des filières de l'ingénierie vers des problématiques environnementales (écoconception, productions propres, bilan carbone) et en « Énergies renouvelables », sujet très porteur, et dans lesquelles ont été réintroduits le climat (énergies fossiles, aérosols et effet de serre) et les potentiels éoliens (météorologie locale) et marins (océanographie locale).

Les effectifs enseignants des UMR rattachés à la 19 restent très importants. Par contre, l'intervention de chercheurs CNRS ou d'autres organismes dans les filières universitaires est en forte diminution pour raison de refonte et regroupement des maquettes. Il conviendra dans les années futures de suivre très attentivement l'évolution des effectifs enseignants-chercheurs dont la justification des renouvellements dépend directement des effectifs étudiants dans un contexte de redéploiement thématique accéléré et de redéfinition des cursus attractifs à l'université. Le CNRS devra éventuellement jouer un rôle de rééquilibrage déterminant pour le maintien du potentiel humain dans le domaine.

Certaines universités proposent encore des Masters ciblés très bien adaptés à la formation souhaitée pour nos disciplines (sites de Brest, Toulouse, Grenoble...) tandis que pour d'autres, les formations Master – Doctorat sont devenues soit pluridisciplinaires, soit plus généralistes, notamment en Sciences de l'Environnement ou Géosciences (UPMC, UVSQ, Orsay, Bordeaux, Grenoble, Lille, la Rochelle, Marseille...), soit en sciences de l'Ingénieur (PARIStech, Toulon...) avec de plus en plus souvent des Master mixtes : Recherche/Professionnel afin de maintenir l'attractivité du diplôme de Master.

Les formations thématiques propres à la section 19 ont cependant été particulièrement dynamiques dans l'organisation de Masters internationaux, notamment Européens (UPMC...) ou de formations mutualisées (Écoles d'été, formations doctorales) permettant de pallier la faiblesse des effectifs étudiants. Le rôle des UMR sur la base de leur renommée scientifique dans l'organisation et l'animation de ces structures a été déterminant. On note cependant un fort rétrécissement du vivier des candidats à une thèse, qui est devenu le facteur limitant de l'encadrement doctoral et qui est probablement pour partie lié à la diminution des postes dans l'enseignement supérieur et la recherche et/ou pour partie à une baisse de l'image des conditions actuelles d'exercice du métier.