Section 31 Hommes et milieux : évolution, interactions

IV. Paléoenvironnements

Correspondances CNU

L'étude des Paléoenvironnements et la Géo-archéologie s'articulent avec les 20e, 36e, 67e et 68e sections.

Périmètre et thématiques spécifiques

Caractérisation et évolutions des cadres physiques et environnementaux de l'activité humaine.

Les chercheurs CNRS impliqués dans ce domaine scientifique des paléoenvironnements, au sens large du terme, sont présents dans différentes sections du Comité National (18, 19, 23, 30, CID 52) ou Instituts (INEE, INSU). Les chercheurs appartenant plus particulièrement à la section 31 axent leurs thématiques et leurs travaux sur une approche anthropo-centrée des problématiques paléoenvironnementales. Qu'ils travaillent sur des séquences sédimentaires longues issues du milieu naturel (toubières, lacs, lagunes, paléo-méandres...) ou au sein de contextes archéologiques, ils tentent grâce à l'utilisation de marqueurs biotiques (micromammifères, insectes, pollens, microfossiles non polliniques, diatomées, marqueurs moléculaires, ADN ancien...) et abiotiques (paramètres géophysiques, pédologiques, minéralogiques, géochimiques, isotopiques...) de comprendre les interactions entre climat, environnement et sociétés humaines.

Bilan de la situation

L'étude des paléoenvironnements et de la géoarchéologie regroupent une vingtaine de chercheurs CNRS de la section 31. Certaines disciplines, comme la palynologie, peuvent bénéficier de recrutements dans d'autres sections INEE ou INSU (30, 18) et sont également représentées dans les effectifs d'enseignants chercheurs de plusieurs sites universitaires ainsi qu'à l'Inrap et au Ministère de la Culture avec une forte spécialisation sur l'étude des sites archéologiques.

Les paléoenvironnementalistes du CNRS travaillent généralement – mais non exclusivement – sur des séquences sédimentaires longues prélevées en contexte naturel. Les interactions avec l'archéologie sont fréquentes mais non systématiques, contrairement aux géoarchéologues, pour lesquels les sites archéologiques constituent le point de départ de l'observation.

Les effectifs du champ disciplinaire sont assez faibles avec 26 chercheurs, dont 6 à Besançon ; les autres étant dispersés sur 11 autres sites (Paris, Toulouse, Lyon, Nice, Rennes, Aix/Marseille, Chambéry, Brest, Perpignan, Clermont-Ferrand et Bordeaux). Le nombre d'IT est également très faible.

Les points émergents

Au-delà des problématiques paléoclimatiques, les questions des changements environnementaux du court au long terme (du siècle à plusieurs millénaires) constituent les défis en cours. La mise en place d'analyses multiparamètres, tant biotiques qu'abiotiques, paraît indispensable ; elle nécessite l'association de plusieurs spécialistes mais aussi la capacité, pour un paléoenvironnementaliste, de maîtriser plusieurs paramètres lors du processus analytiques (pollens et micro-charbons et géochimie...) Des approches analytiques très pluridisciplinaires et de nouveaux proxys ont récemment émergé : les micro-fossiles non polliniques (spores fongiques, cyanobactéries, algues, micro-restes d'invertébrés), la géochimie (les isotopes stables), les marqueurs moléculaires et l'ADN environnemental. Cette ouverture nécessite le développement de liens avec les géosciences, les sciences de la matière (chimie), les sciences du vivant (paléobiologie) et l'archéologie afin de développer de nouveaux moyens de reconstitution des dynamiques environnementales passées intégrant celles propres aux sociétés humaines. La géoarchéologie a aussi cette particularité de prendre en compte des problématiques allant au-delà de la question des dépôts archéologiques intrasites, permettant ainsi d'aborder l'évolution des paysages environnants.

Les secteurs géographiques concernés sont très étendus, des rivages de la Méditerranée aux plaines alluviales et aux zones humides, des massifs montagneux européens (Alpes, Jura, Massif central, Pyrénées, Corse), jusqu'aux zones arctiques (Groenland).

Les Zones ateliers et les OHM réunissent une partie de cette communauté autour de zones d'étude et offrent les moyens de programmes interdisciplinaires et coopératifs très intéressants. La rétro-observation a permis le développement d'études favorisant l'intégration des écosystèmes actuels dans les réflexions sur l'évolution des environnements. Cependant, l'étude des paléoenvironnements ne doit pas seulement se limiter à cette démarche à vocation plus actualiste même si elle est un moyen de lui trouver une application concrète. L'étude des paléoenvironnements s'attache à la reconstitution des environnements passés. Attendre de cette discipline un ancrage dans l'actuel présente un intérêt indéniable, mais il ne doit pas devenir une étape obligée. La mise en évidence d'états de références dans des écosystèmes actuels doit être conduite à une échelle de temps suffisamment large. Ceci amène d'ailleurs aux réflexions qui pourraient être développées autour de la notion d'anthropocène, qui suscite diverses interprétations.

Les analyses multiproxys nécessitent également l'utilisation de matériel adapté (carottage, analytique, datation) parfois mutualisé (exemple à EDYTEM : carottage et core scanner, à Chrono-environnement : Sedilog...) Le CNRS doit soutenir ce type d'initiative en affectant des personnels dédiés. Parmi les besoins ressentis figurent aussi la structuration de la communauté pour optimiser l'utilisation des échantillons. Il est impossible de réaliser des travaux de synthèse sans réutiliser des échantillons déjà acquis dans le cadre d'études diverses. Un réseau de core repositories permettrait de développer des procédures et une démarche qualité commune, favorisant la gestion conservatoire des carottes et in fine les échanges d'échantillons entre laboratoires. Dans une perspective similaire de partage, les banques de données des paramètres d'analyses divers utilisés par les paléoenvironnementalistes manquent sans doute.