Section 29 Biodiversité, évolution et adaptations biologiques : des macromolécules aux communautés

IV. Les besoins

A. Gestions des données massives

Comme l'ont illustré les approches et outils présentés précédemment, le « big data » a pénétré quasiment toutes les sciences et en particulier les sciences de l'écologie et de l'évolution. Dans ces deux domaines, les données de la génomique ont pendant longtemps représenté l'essentiel des volumétries produites mais elles sont désormais rejointes par celles provenant des autres « omiques », de simulations numériques, de capteurs (comme les capteurs environnementaux) ou d'imagerie. Ce qui est nouveau, c'est que les équipements servant à la production des données à haut débit deviennent accessibles à tout chercheur, quels que soient son champ disciplinaire et la taille de sa structure d'accueil (e.g. petits séquenceurs de laboratoire, capteurs à enregistrement continu, CT scans). Qui plus est, il est désormais possible de superposer différentes complexités – moléculaires, individuelles (phénotypes), populationnelles, sociologiques, et environnementales – ceci avec un enjeu qui réside dans la compréhension des interactions entre ces différentes complexités.

Dans ce contexte, les grandes tendances observées au niveau européen consistent en une volonté accrue de faciliter le partage des données et de mutualiser leurs moyens de stockage (e.g. : le projet Élixir pour la génomique). En revanche, cette politique de partage pose d'autres problèmes comme la confidentialité, la sécurisation, la propriété et la facilité d'accès aux données.

En effet, le droit sur la propriété des objets virtuels doit être précisé et on ne peut que souhaiter un « code de bonne conduite » sur l'accès au matériel virtuel, si possible commun et élaboré en impliquant les différents partenaires concernés.

Malgré ces perspectives de mutualisation pour la gestion et le stockage des données, les laboratoires resteront confrontés à d'énormes besoins en bioinformatique et en statistique pour le traitement de ces données complexes et massives. Il est donc essentiel que nous puissions recruter des ingénieurs dans ces domaines dans des conditions tenant compte de la concurrence sur ces compétences.

B. Soutien à la recherche

Le faible recrutement en ITA est un problème récurrent au CNRS et n'a fait que s'accentuer au cours des dernières années. Ainsi pour les années 2012-2014, le recrutement des personnels ITA par concours externe est en constante diminution et le nombre de personnels ITA en situation précaire (CDDs de courte durée, vacataires) ne fait qu'augmenter. Le faible nombre de CDIsation, suite à la Loi Sauvadet, ne compense absolument pas le besoin en personnels statutaires dans les laboratoires, y compris pour ceux de la section 29. Plus globalement, la diminution des emplois scientifiques (chercheurs inclus) prévue pour les années à venir et déjà amorcée va impacter très lourdement le fonctionnement de la recherche dans nos laboratoires.

La section 29 attire également l'attention, comme le Conseil Scientifique de l'INEE l'a fait suite à une enquête auprès des personnels ingénieurs et techniciens des laboratoires de l'INEE, sur la faible progression de carrière des ITAs par promotions au choix ou par concours internes, non sans conséquence pour l'évolution des compétences, la qualité et la valorisation du travail dans les unités.

Enfin la section 29 s'inquiète de l'évolution du financement de la recherche concernant ses propres thématiques. En effet la disparition des programmes blancs de l'ANR a très fortement réduit les financements pour la recherche fondamentale qui ne se retrouve pas dans les défis de l'ANR sans que l'on ait pu constater une augmentation du soutien récurrent des laboratoires. Les résultats des projets retenus par l'ANR en 2014 témoignent de cette inquiétante évolution.