Section 15 Chimie des matériaux, nanomatériaux et procédés

IV. Contextes européen et international

Le programme Horizon 2020 de la Commission Européenne souligne clairement l'importance des matériaux avancés et des technologies connexes comme des outils et facteurs clés dans le renforcement de la capacité de productivité et d'innovation de l'Europe et de sa compétitivité dans les secteurs d'application de haute technologie. En outre, depuis 2007, le Plan technologique stratégique pour l'énergie (Plan SET) fournit le cadre stratégique entre les États membres, l'industrie et l'Union européenne pour investir conjointement sur le développement et le déploiement commercial de technologies sobres en carbone, plus efficaces, sûres et fiables, dans lesquels les matériaux jouent un rôle majeur.

Les technologies clés (KETs) recommandées par l'Europe sont : les matériaux avancés, la photonique, les nanotechnologies, la biotechnologie, la micro- et la nanoélectronique. Ces technologies clés ne sont pas seulement liées, mais sont toutes basées sur de nouveaux progrès dans le développement des matériaux et de leur mise en œuvre via des procédés performants.

En plus de ces cinq technologies clés génériques, le groupe MatSEEC (Materials Science and Engineering Committee) a identifié le rôle clé de l'énergie. Fournir suffisamment d'énergie avec un impact écologique acceptable en Europe ainsi que dans le monde est l'un des principaux défis de la société. La production efficace de l'énergie, de la conversion et du stockage sont des objectifs importants pour l'Europe qui a besoin des efforts de la recherche fondamentale sur la conception de nouveaux matériaux, et sur l'optimisation de matériaux existants et adaptables.

Les matériaux avancés et leurs innovations sont un élément important dans pratiquement toutes les industries manufacturières. Les marchés devraient offrir un volume supplémentaire au sein de l'UE de 55 milliards d'euros au cours des 5 à 7 prochaines années avec un potentiel considérable dans les domaines de l'énergie (19 milliards d'euros), l'environnement, la santé, les transports et les technologies de l'information et de la communication (TIC).

La section 15 affiche une stratégie qui va de la synthèse au procédé en passant par des étapes de caractérisation et de modélisation à différentes échelles de temps et d'espace. Cette stratégie s'est fortement accentuée par des incitations d'embauche de chargés de recherche spécialisés sur le stockage électrochimique de l'énergie, la métallurgie au sens large et ses concepts et la cristallochimie, discipline incontournable de la compréhension fine de la structure des matériaux. La stratégie scientifique alliée à un effort important de ressources humaines est au cœur du dispositif européen des enjeux sociétaux à l'horizon 2020.

Le CNRS se place en force de proposition dans l'élaboration des futurs appels à projet du programme Horizon 2020. Une soixantaine de chercheurs sont actifs dans les groupes thématiques nationaux (GTN) mis en place par le Ministère de l'Enseignement et de la Recherche. Des chercheurs dont les thématiques scientifiques relèvent de la section 15 sont présents dans les GTN sur l'énergie, les nanomatériaux et matériaux avancés, et le transport.

Le CNRS apporte une pierre importante à l'édification de l'espace européen de la recherche en participant, avec ses partenaires français, européens et internationaux, à la construction et l'exploitation de grands équipements scientifiques (LLB, ESRF, ILL, Soleil, RMN, IDRIS..). Des chercheurs de toutes les disciplines (astronomes, biologistes, physiciens, chimistes...) ont ainsi accès aux équipements les plus performants dans un environnement scientifique international de très haut niveau.

L'institut de Chimie mène une politique volontariste de relations internationales en participant lui-même à diverses actions internationales, en favorisant la participation des chercheurs de ses laboratoires aux différents accords et conventions gérés par la Direction des Affaires Européennes et la Direction des Relations Internationales du CNRS, et en mettant en place des structures opérationnelles telles que les Programmes Internationaux de Coopération Scientifique (PICS), Laboratoires Internationaux Associés (LIA), Groupement de Recherches Internationaux (GDRI), les Unités Mixtes Internationales (UMI). La société Saint-Gobain, le NIMS (institut national pour les sciences des matériaux au Japon) et le CNRS ont signé le 7 juin 2013 une lettre d'intention pour étendre leur collaboration scientifique dans le domaine de la chimie des matériaux. Cette politique associe étroitement la section 15 qui est consultée pour la création des nouvelles structures.