CID 52 Environnements sociétés : du fondamental à l'opérationnel

Introduction

La CID 52 a repris la suite de la CID 45 dont elle partage les concepts fondamentaux. Cette continuité crée un contexte favorable à l'interdisciplinarité dont la CID 52 est un des outils de promotion et de réalisation.

Les objets dont la CID 52 s'empare ne peuvent être abordés, étudiés, modélisés et surtout partagés sur la base d'une seule discipline scientifique. « Penser l'environnement de manière systémique et fonctionnelle » ne s'apprend pas, ne s'impose pas, mais se construit autour d'un objet, d'une émergence, d'une vision à partir d'une nécessité scientifique ou sociétale.

Les systèmes environnementaux ainsi définis et partagés s'enrichissent des interactions multiples qu'ils entretiennent, interactions a priori spatialement délimitées, temporellement envisagées. A priori, car notre connaissance s'arrête, ou s'affaiblit, aux frontières des incertitudes que nous décelons : incertitude de la mesure (comment quantifier et estimer la valeur d'un service écosystémique non marchand ?) ; incertitude du modèle (que validons-nous : le modèle ou les résultats, et par rapport à quelle référence ?). Toujours est-il que ces systèmes sont pour la plupart localisés, leur étendue spatialisée, les dynamiques qui les traversent temporalisées. Ils s'identifient à des territoires, des paysages, des formes inscrites « ici et maintenant –hic et nunc » résultats de façonnages sur le long terme et prémices de devenir. Ces systèmes environnementaux recouvrent une variété extraordinaire de taille (du microscopique au global) et d'échelles fonctionnelles et temporelles que l'on retrouve dans les mots clé de la CID 52(1).

Des enjeux communs à plusieurs sections du CoNRS, mais aussi à plusieurs EPST sont identifiés comme les changements planétaires et l'érosion de la Biodiversité. Plus globalement, les questionnements se focalisent sur le devenir de la Nature, celle-ci pouvant être nourricière, transformée par des activités anthropiques ou redéfinie dans un cercle vertueux de recyclage ; ou encore, pouvant servir de réservoirs pour des pathogènes émergents et ainsi ébranler les équilibres fragiles constitués autour de relations Homme/Milieux. Ces dernières, prises dans leur complexité, fondent les stratégies déployées pour un développement durable. Ce concept, construction politique destinée à fédérer des logiques de développement économique, politique et écologique vers un objectif commun, opère des glissements concomitants avec les avancées sociétales, économiques, technologiques et scientifiques. Ces mots-clés ne sauraient rester figés. C'est dans le cours des choses qu'ils évoluent eux aussi, résultats des travaux des chercheurs soutenus par la CID 52 mais aussi des réflexions de prospective, de l'apparition de nouvelles connaissances, des émergences interdisciplinaires, sans oublier le rôle du jeu subtil existant entre enjeux scientifiques, disciplinaires et potentiel de recherche.

Le saut entrepris par la CID 52 au regard de la précédente CID 45 pour joindre le fondamental à l'opérationnel a marqué un tournant par la prise en compte des facettes variées de l'interdisciplinarité, facette disciplinaire posant comme acté le mariage des sciences dures et des sciences sociales, facette cognitive favorisant l'introduction des acteurs, de leurs savoirs et de leurs pratiques dans l'explicitation du fonctionnement des systèmes environnementaux étudiés.

Cette interdisciplinarité en marche au sein du CNRS à travers le travail des CID et de la mission pour l'interdisciplinarité mobilise une diversité croissante de dispositifs d'observation (systèmes d'observation sur le long terme, observatoires, sites d'étude, ecotron) ainsi que différents outils de structuration de la recherche comme les RTP(2) ou les GDR, et de formation comme les écoles thématiques.

(1) Mots-clé
– Changements planétaires (perturbations, évolution, conflits, adaptation, mitigation)
– Nature et Biodiversité : positionnement, protection et conservation
– Ressources naturelles : prospective et usages par les sociétés
– Environnement, santé et sociétés
– Stratégies de développement durable (innovations et ingénierie écologique, green sciences, chimie durable, éco-citoyenneté)
– Sciences de la complexité en écologie globale (éco-chimie, éco-physique, éco-info, éco-math.)
– Juridiction internationale, conflits environnementaux, conflits pour les ressources naturelles

(2) RTP Réseau Thématique prioritaire ;
GDR : Groupement de recherche