Section 31 Hommes et milieux : évolution, interactions

Introduction

Ce rapport de conjoncture a été écrit dans un contexte plus que préoccupant sur le plan aussi bien de l'emploi scientifique que de la dotation de base des unités de recherche. Les perspectives pour le premier sont annoncées comme catastrophiques dans les années à venir, tant pour les chercheurs que les ingénieurs ou les techniciens. Pour les IT, le malaise est de plus en plus palpable dans les unités en raison d'un taux de promotion trop faible (il atteint au mieux quelques pourcent...). Ces personnels sont cruciaux pour la bonne marche des unités, les volets techniques et ingénierie des recherches pour lesquels ils s'investissent de façon tout à fait remarquable, voire exceptionnelle. Pour le second point, les crédits de base attribués aux unités par leurs tutelles, nous sommes dans un contexte de diminution non compensée par les ressources propres obtenues en réponse à des appels à projets. Cela s'explique notamment par le fait qu'une partie des recherches menées dans nos unités n'est pas éligible dans bon nombre d'appels à projets surtout ciblés sur des enjeux sociétaux à court terme.

Rappelons aussi que, depuis le précédent rapport de conjoncture de nombreux changements sont intervenus : 1) passage du contrat quadriennal au quinquennal, 2) mise en place des investissements d'avenir, 3) changement de fonctionnement de l'ANR devenue un outil des dispositifs national et européen de financement de la recherche (SNR et Horizon 2020), et non une vraie agence (comme la NSF) finançant la recherche en fonction de la structuration académique nationale, 4) la politique scientifique des régions qui s'est aussi alignée sur les recommandations de la SNR, ce qui induit un appauvrissement du nombre de thématiques scientifiques traitées à l'échelle nationale par rapport aux orientations plus diversifiées que les régions pouvaient développer jusqu'à présent, 5) la fusion des Universités et les COMUE modifiant considérablement les interactions entre les structures de recherche et l'administration de l'Université et 6) une politique de site du CNRS presque totalement inconnue des unités.

Loin de se simplifier, le système de recherche français est ainsi devenu de plus en plus opaque et pratiquement incompréhensible pour nos collègues étrangers.