Section 15 Chimie des matériaux, nanomatériaux et procédés

III. Répartition géographique et évolution récente des populations

En 2014, la section 15 est forte de 319 chercheurs répartis dans 55 UMR et 7 UPR. La répartition est inhomogène, avec une vingtaine d'unités ne comptant qu'un seul chercheur et à l'autre extrémité de l'échelle, l'ICMCB (Institut de Chimie de la Matière Condensée de Bordeaux) qui rassemble 24 chercheurs. La moyenne se situe à 5 chercheurs par unité, les grandes structures en regroupant entre 10 et 20 (CEMHTI-Orléans, CIRIMAT-Toulouse, CRISMAT-Caen, ICG-Montpellier, ICM Paris-Est, IJL-Nancy, IM-Nantes, ISC-Rennes, LMGP-Grenoble, SIMAP-Grenoble).

En termes de site, la section 15 est très présente sur les sites de Grenoble, Île-de-France Sud-Ouest (Châtenay, Chatillon, Gif/Yvette, Orsay, Palaiseau, Versailles), Bordeaux et Montpellier, suivis de Toulouse, Nancy, Paris et Caen. Deux sites à faible effectif, Cavaillon et Saint-Louis, correspondent à des structures de recherche particulières. La première est une unité mixte avec Saint-Gobain, dédiée aux céramiques. La seconde fait partie d'un institut de recherche franco-allemand sur les questions de défense et de sécurité.

La figure 2, où les effectifs sont rassemblés par délégation régionale (DR), apporte un éclairage un peu différent. Ainsi, hors Île-de-France, il apparaît que la DR17 (Bretagne-Pays de la Loire) peut se comparer à la DR 15 (Aquitaine) et la DR 11 (Alpes), en regroupant les forces de trois sites de taille moyenne ou faible (Nantes, Rennes, le Mans). À un moindre niveau, la situation est identique pour la DR 8 (Centre – Limousin – Poitou-Charentes) qui, en nombre de chercheurs, rivalise avec la DR 13 (Languedoc-Roussillon), grâce à l'addition des effectifs d'Orléans et de Limoges.

La figure 3 rassemble, par délégation régionale, le nombre R de chercheurs recrutés sur les concours CR2 et CR1 depuis 2010 (NB : pour l'année 2014, les données issues de la phase d'admissibilité, seules connues à la date de rédaction de ce rapport, ont été utilisées). Une pondération par l'effectif chercheur total, E, conduit à une mesure de l'attractivité, A=R/E, d'une zone géographique donnée. On peut aussi définir À comme étant un indicateur de la capacité à recruter.

Figure 2 : Répartition géographique des chercheurs de la section 15 par Délégation Régionale.

Ces chiffres ne sont en aucune manière le reflet d'un solde positif des populations de chercheurs puisque les départs ne sont pas intégrés dans la réflexion. Il convient également de noter que les entrées/départs par mutation ne sont pas pris en compte.

À partir de ce critère, la DR 7 (Rhône-Auvergne) est de loin la plus attractive avec un ratio A de 28 %, la moyenne se situant à 11 % pour l'ensemble du territoire. Le site de Lyon, avec 4 UMR émargeant à la section 15, est le moteur de cette capacité à recruter. Vient ensuite avec 19 % la DR 13 dont le site unique, Montpellier, est fort de deux gros instituts (ICG et IEM) de la section 15. Les DR 3 (IdF Est), DR 5 (IdF Ouest et Nord), DR 11 (Alpes) et DR 18 (Nord – Pas-de-Calais – Picardie) présentent également une attractivité supérieure à la moyenne tirée par les sites de Thiais et Versailles/Châtenay, Grenoble, et Amiens, respectivement. Les 5 délégations Paris-IdF ensemble ont cependant un facteur d'attractivité de 10 %, légèrement inférieur à la moyenne.

Hormis la DR 20 où l'effectif de seulement 2 chercheurs ne permet pas de tirer d'enseignement, les taux de recrutement les plus faibles sont constatés dans la DR 4 (IdF Sud, 0 %), la DR 15 (Aquitaine, 4 %), les DR 6 (Centre-Est) et DR 14 (Midi-Pyrénées) avec 5 % l'une et l'autre, la DR 12 (Provence, 7 %), et la DR 10 (Alsace, 8 %).

L'effectif moyen par délégation régionale est de 17,7 chercheurs de la section 15. Il apparaît que la capacité à recruter est sensiblement plus importante en moyenne dans les DR comptant au moins 18 chercheurs (A=12 %). En comparaison, les DR à effectif plus faible (entre 2 et 17 chercheurs) présentent un facteur A moyen de 9 %. En règle générale, on peut donc conclure qu'à l'échelle d'une DR, le taux de recrutement en section 15 est un peu favorisé lorsque la population de chercheurs y est déjà importante.

La comparaison sud-nord montre que les effectifs de la section 15 sont parfaitement répartis avec 159 chercheurs au nord de la Loire et 160 au sud. En termes de capacité à recruter, les laboratoires du sud bénéficient en moyenne d'un léger avantage (A=12 %) par rapport à ceux du nord (A=10 %). Cette différence n'est cependant pas significative, d'autant plus qu'il s'agit de valeurs moyennes masquant de grandes disparités bien visibles sur les cartes de la figure 2.

Figure 3 : Part dans les effectifs de la section 15 des chercheurs recrutés CR2 et CR1 depuis 2010, par délégation régionale. R représente le nombre de chercheurs recrutés, E l'effectif total dans la DR concernée et A=R/E l'attractivité de cette délégation.