Section 17 Système solaire et univers lointain

III. Organisation de la discipline

Cette section reprend quelques éléments du groupe « organisation de la discipline » mis en place par l'INSU dans le cadre de l'exercice de prospective Astronomie-Astrophysique 2014. Le mandat de ce groupe était d'avancer vers des recommandations et propositions concrètes d'organisation de la discipline pour une meilleure efficacité scientifique et technique ainsi que pour la gestion des ressources humaines.

A. Laboratoires et unités

Depuis le dernier rapport de conjoncture (2010), le contexte de la recherche en général et de l'astronomie en particulier a considérablement changé que ce soit au niveau du paysage des laboratoires (UMRs & USRs) dont certains, au gré des regroupements d'unités se sont vus intégrés dans des structures « communes » avec les universités (OSUs qui constituent les écoles internes des universités), ou en terme de statuts des nouvelles embauches des personnels (Chercheurs, Enseignants/Chercheurs, ou IT).

Bien que ce ne soit pas le cas pour tous, un nombre non négligeable de laboratoires A&A sont intégrés dans les OSUs. Depuis la création des OSUs, quelques unités ont été regroupées (exemple LAOG & IPG à Grenoble), le nombre de ces OSUs a été également considérablement augmenté depuis 2010.

Fin 2013 il y avait 27 OSUs, dont 25 en métropole, ils comprennent des UMR et aussi au moins une UMS, unité regroupant les moyens communs. Comme le statut le précise, elles constituent des écoles internes aux universités de rattachement. L'astronomie astrophysique n'est pas représentée dans tous les OSUs et certains, comme l'OSU Nord, n'ont pas de laboratoires A&A.

La répartition géographique a peu évolué depuis 2010. La moitié des personnels est toujours située en Île-de-France, du fait du grand nombre d'unités présentes dans la région.

B. Répartition des personnels

Fin 2013 la totalité des 37 unités A&A comprenait 3 352 agents tous statuts, grades, genres confondus, on comptait 2 569 agents permanents, dont environ 800 chercheurs et 1 330 IT. Si le nombre d'IT recensé est supérieur de 30 % par rapport à 2009 (date du précédent exercice de prospective) cela vient de la création d'OSUs pluridisciplinaires et du fait que les données Labintel ne différencient pas les IT de ces OSUs selon leur domaine de rattachement. Ainsi certains agents des UMS, non A&A apparaissent dans ce décompte.

On constate une diminution du nombre de chercheurs CNRS, qui s'érode année après année, comme une des conséquences des restrictions du nombre de recrutements depuis quelques années. Celui des Enseignants-Chercheurs (204 fin 2012), comme celui des chercheurs non CNRS (220 CNAP) reste quasi stable.

Par rapport à 2009, la population des Post Docs a augmenté de 150 %. C'est clairement une conséquence de la multiplication des projets de type ANR qui a résulté en un accroissement du nombre de post-docs dans les labos. Si le potentiel de recherche s'en trouve augmenté c'est au détriment du potentiel de développement des projets associés (accompagnements techniques et administratifs), le rapport chercheurs/ITs n'ayant clairement pas été conservé pendant cette période.

La proportion de doctorants dans les laboratoires (près de 1/3) reflète bien un intérêt fort pour les thématiques A&A qu'elles soient émergentes ou déjà anciennes. Le problème du devenir de ces doctorants va apparaître très rapidement, notamment du fait de la baisse drastique des recrutements annoncée pour les années à venir. Cette inquiétude, mise en lumière par le communiqué du Comité National de la Recherche Scientifique en date du 11 Juin 2014, fait également partie des remontées des laboratoires.

Le nombre de chercheurs en « éméritat » a naturellement augmenté, puisque la création du statut est maintenant ancienne. On voit ainsi apparaître des deuxièmes demandes de renouvellement d'éméritat, la limitation du nombre de périodes ayant disparu.

L'explosion des personnels non titulaires (+ 80 %) reflète bien la politique mise en œuvre dans les laboratoires pour faire face aux besoins sur projets, dans un contexte de recrutements d'agents titulaires très contraints par les tutelles. Le recours à des personnels temporaires sur des contrats initialement limités à 6 ans et aujourd'hui, du fait de la loi Sauvadet, à 3-4 ans, est vu par les laboratoires comme peu favorable à l'établissement, notamment en terme de pérennisations des savoirs et de continuité sur les projets de la discipline, dont la durée est souvent de l'ordre de la dizaine d'année.

À noter que cette augmentation touche principalement les agents IT : le nombre d'Ingénieurs de Recherche s'est accru de près de 40 %, celui des Ingénieurs d'études de 35 % ; des AI de 60 % ; enfin celui des catégories Techniciens est resté stable pratiquement.

En 2010 le rapport indiquait qu'il y avait 350 personnels temporaires (chercheurs et IT confondus) et 350 étudiants. En 2013 les chiffres sont passés à 480 étudiants et 760 CDD et vacataires recensés sous « personnels non permanents » ; conséquences de la politique de gestion des projets par l'ANR.

La recommandation faite en 2009 (à l'occasion de l'exercice de prospective) dans le sens d'une limitation des effectifs « précaires » n'a donc pas été suivie, la conjoncture reste l'une des causes principales de l'augmentation de ces populations.

La proportion de non-remplacement des personnels permanents continue de croître. En 2013, 3 IT sur 4 avaient été remplacés, ainsi que 2,5 chercheurs sur 3. En 2014, le remplacement tombe à 2 sur 3 pour les IT comme pour les chercheurs, enfin, en 2015 il n'est prévu que 1 sur 3 pour les IT et 2 sur 3 pour les chercheurs.

Cette situation sur l'emploi, à un niveau moindre, avait déjà été notée lors de la prospective 2009 comme un motif de préoccupation. Elle apparaît aujourd'hui comme un problème majeur dans les remontées des laboratoires.

C. Recrutement de jeunes chercheurs par la section 17

1. Parité

Le problème de la différence H/F reste le même qu'en 2009 (date du précédent exercice de prospective). Il n'y a d'ailleurs eu aucune amorce significative de changement, quel que soit le statut (CNRS, CNAP, Université). On note aussi la même variation en fonction des catégories (plus celles-ci sont élevées plus le ratio H/F est important).

Si la situation n'a pas évolué, elle demande cependant toujours à être prise en considération. Une enquête a été menée sur la parité dans le recrutement, faisant apparaître comme principale conclusion que le nombre d'années après la thèse est le principal critère d'élimination des femmes : on constate que le rapport candidates/candidats, qui est quasiment égal à 1 dans l'année qui suit la thèse, tombe à zéro ou presque à thèse plus 4 ou 5 ans.

L'augmentation de l'âge moyen au moment du recrutement, liée à la diminution du nombre de postes ouverts aux concours, pénalise de fait les femmes et il convient de corriger cet effet.

2. Recrutement de chercheurs handicapés

Deux recrutements de chercheur au titre du handicap ont été effectués, l'un en 2011 titularisé en 2012, l'autre en 2013 titularisé en 2014. À titre de comparaison, ont été ouverts au titre du handicap pour l'ensemble du CNRS, 13 postes de chargé de recherche en 2011 dont 9 ont été pourvus et 6 postes de chargé de recherche en 2012 tous pourvus. L'AA se place de façon tout à fait satisfaisante selon ce critère mais il est souhaitable de sensibiliser les unités au recrutement de handicapés ainsi qu'aux possibilités offertes par cette filière de recrutement.

3. Recrutement de chercheurs interdisciplinaires

La section 17 a été confrontée, lors des concours de recrutement chercheurs, à des cas difficiles à traiter de candidats interdisciplinaires de valeur qu'elle n'a pas pu recruter. Les chaires d'excellence permettaient de répondre à ce type de problème, mais elles n'existent plus... De tels cas particuliers (par exemple un candidat très fort en calcul numérique pour le traitement du signal) pourraient être traités en lien avec l'INSU et la Mission Interdisciplinarité du CNRS.

La section 17 recommande, de manière générale, de faire davantage appel à la Mission pour l'Interdisciplinarité du CNRS. Celle-ci a pour but de favoriser l'émergence de nouvelles thématiques interdisciplinaires mais son mode de fonctionnement est mal connu des chercheurs qui ne font pas suffisamment appel à elle.

Le problème des interfaces est très important pour notre discipline, notamment à l'interface avec la physique des particules mais aussi avec la physique théorique (la détection des ondes gravitationnelles en est une bonne illustration) sans oublier la chimie.

Enfin, toujours en ce qui concerne les recrutements de chercheurs interdisciplinaires, la section 17 regrette la disparition de la CID 47 « Astroparticules » dont le bon fonctionnement (de 2003 à 2008) avait été unanimement reconnu. Elle avait permis de recruter 18 chargés de recherche au cours de ses six années de fonctionnement.