Section 19 Système Terre : enveloppes superficielles

II. Rapport avec les organismes de recherche

La réforme du CNRS en 2009 avec la mise en place de l'lNEE, la montée en puissance de l'ANR et des Alliances ont profondément modifié le paysage de la programmation et de la coordination de la recherche au niveau national. Dans le périmètre scientifique de la section 19, ces réformes se sont traduites par une modification sensible du positionnement de l'INSU. L'alliance AllENVI et l'ANR à travers de ses programmes et de ses financements sont aujourd'hui des acteurs majeurs de la programmation scientifique nationale. Ces éléments étaient déjà en grande partie mentionnés dans le précédent rapport de conjoncture de la section 19 et on peut aujourd'hui mesurer quelques effets de ces réformes. Si l'INSU a par le passé fortement contribué à structurer la communauté scientifique nationale océan-atmosphère-cryosphère en privilégiant, dans ses actions de coordination, de programmation et de prospective, avec une démarche pluri-organismes, il est aujourd'hui indéniable que ce rôle d'acteur national est amoindri dans le nouveau paysage de la recherche. À ce jour, la programmation de l'ANR ne s'appuie que sur les prescriptions des Alliances et semble ignorer les recommandations issues des communautés scientifiques structurées autour de l'INSU à l'occasion notamment des exercices de prospectives ou celles élaborées par les programmes nationaux. Dans le domaine de l'environnement, la contribution d'AllENVI à la programmation et coordination de la stratégie scientifique environnementale française reste peu lisible pour la communauté alors que cette alliance aurait pu, par exemple, contribuer à mieux articuler les défis posés par les enjeux sociétaux avec les prospectives issues de la communauté scientifique et de ses programmes. On peut faire le constat que ces nouvelles instances de coordination de la recherche n'ont pas contribué à une plus grande efficacité de la programmation et du fonctionnement de celle-ci. Elles ont opacifié la programmation de la recherche sans acquérir la capacité à se substituer à l'INSU.

La réduction drastique des budgets alloués de façon pérenne à la recherche et des recrutements statutaires de chercheurs et ITA sont des éléments nouveaux qui impactent et vont impacter fortement la communauté scientifique. Cette baisse de moyens pérennes s'accompagne d'un repli des organismes sur leurs missions de base qui pourrait mettre un frein à la coopération inter-organismes. Concernant l'ANR, les éléments du précédent rapport de conjoncture restent en majeure partie d'actualité : orientation marquée des appels d'offres vers les impacts socio-économiques, durée des programmes trop limitée pour avoir un effet structurant à long terme, multiplication des CDD sans vision sur le futur, etc. La diminution du budget global de l'ANR et en particulier celui des programmes blancs sans report de ces budgets vers les organismes de recherche sont des éléments nouveaux particulièrement préoccupants et notamment la question du financement de la recherche amont que ni les organismes ni l'ANR ne semblent aujourd'hui en mesure d'assurer. Dans le même temps, les programmes nationaux pilotés par le CNRS (appels d'offres LEFE, EC2CO, moyens mi-lourds) qui ont structuré les communautés relevant de la section 19 n'ont pratiquement plus de fonds propres.

Pourtant, plusieurs solutions existent pour pallier ce manque de vision d'ensemble. Tout d'abord, un choc de simplification et une harmonisation du rôle des différents acteurs et des modalités de programmation et de pilotage de la recherche nationale sont nécessaires. Il est important aussi que les organismes mettent en place une politique, cohérente, coordonnée et à long terme, prenant en compte les évolutions des modalités de financement de la recherche et les contraintes de gestion qu'elles impliquent. Enfin, cette politique doit s'accompagner d'un soutien aux UMR et aux programmes et chantiers nationaux de l'INSU.