Section 37 Économie et gestion

I. L'hétérogénéité des UMR en économie et gestion

Avant d'aborder le contenu des travaux de recherche menés dans les différentes unités, il est frappant de constater à quel point les UMR soutenues par le CNRS en économie-gestion se trouvent dans des situations contrastées. En d'autres termes, il n'existe pas un modèle d'UMR voire un nombre réduit de modèles d'UMR : c'est la singularité qui domine, comme résultant des histoires spécifiques de chacune d'entre elles ou d'un environnement géographique et institutionnel propre.

A. Des moyens en personnel CNRS contrastés

Nous ne disposons pas ici d'informations relatives aux moyens financiers des unités, mais des chiffres renseignés par chacune sur leur effectif CNRS (chercheurs et ITA) et le poids de celui-ci en leur sein, leurs effectifs de doctorants et le taux d'encadrement qui en résulte.

Tout d'abord, le nombre de chercheurs CNRS (chercheurs émérites inclus) dans les 27 UMR de notre échantillon varie de 1 à 28, avec une moyenne et une médiane autour de 7. Concrètement, un nombre conséquent d'unités rassemblent un petit nombre de chercheurs CNRS (5 unités à 1 ou 2 chercheurs et 5 unités à 3), tandis que deux unités parisiennes totalisent respectivement 23 (PJSE) et 28 (CES) chercheurs CNRS. Les premières, parfois désignées par l'InSHS comme « UMR en péril démographique », ne sont pas nécessairement des unités de petite taille. Ainsi, le ratio effectif chercheurs CNRS / effectif total chercheurs + enseignants-chercheurs est inférieur à 2 % pour les deux unités ne comprenant qu'un chercheur CNRS (de l'ordre de 20 % pour les deux unités qui totalisent le plus de chercheurs CNRS). Dans l'ensemble, ce ratio varie de 1 à 38 % avec une moyenne de 12 %, pour des effectifs globaux chercheurs + enseignants-chercheurs qui varient de 31 à 140 avec une moyenne de 67. Les UMR de la section ont donc toutes une taille significative, mais affichent des proportions très variables de chercheurs CNRS.

Ensuite, le nombre d'ITA CNRS dans les 27 UMR de notre échantillon varie de 0 à 15 avec une moyenne de 4,6. L'unité la mieux dotée (CES), avec 15 ITA CNRS, est également celle qui accueille le plus gros effectif de chercheurs CNRS. Les unités les moins bien dotées sont en général des unités qui accueillent peu de chercheurs CNRS. Le ratio effectif ITA CNRS / effectif chercheurs CNRS varie de 0 à 5, avec une moyenne proche de 1. Ce ratio est inférieur à 1 pour 16 unités mieux dotées en chercheurs qu'en ITA CNRS. Il est supérieur ou égal à 1 pour 11 unités généralement faiblement dotées en chercheurs CNRS (de 1 à 3), à 3 exceptions près (GREDEG, GATE et LEST) correspondant à des unités bien dotées en ITA et en chercheurs CNRS à la fois. Le LEST, unité rattachée à titre secondaire à la section 37, tire probablement cette bonne dotation de son caractère pluridisciplinaire (pour son effectif de chercheurs) et de son précédent statut d'UPR (pour son effectif d'ITA). La proportion d'ITA CNRS dans l'effectif technique et administratif total des unités varie de 0 à 100 % avec une moyenne de 49 %, ces situations contrastées renvoyant plutôt au parcours historique de chaque unité et aux pratiques propres à leurs institutions tutélaires.

Enfin, le nombre de doctorants varie de 16 à 231, avec une moyenne de 73 et un taux d'encadrement (nombre de doctorants par chercheur ou enseignant-chercheur) variant de 0,5 à 2 avec une moyenne de 1,1. Cette hétérogénéité modérée reflète sans doute les variations de l'effectif HDR dans la population des chercheurs et enseignants-chercheurs.

B. Polarisation

Un déséquilibre Paris-Province est fréquemment évoqué dans de nombreux domaines disciplinaires, notamment en SHS. S'il existe dans la recherche en économie-gestion, il faut toutefois le relativiser à l'aune d'un phénomène de polarisation tout aussi réel. La recherche en économie-gestion est en effet marquée par de fortes asymétries, aussi bien en termes de moyens financiers et humains, qu'en termes de production et de rayonnement scientifiques.

Se détachent tout d'abord dans le paysage les deux gros pôles issus de RTRA que sont l'École d'Économie de Paris (dite EEP ou PSE) et Toulouse School of Economics (dite TSE). Ces deux structures disposent de ressources financières importantes issues des RTRA initiaux et fondations associées, des Labex qui en ont pris le relais et de financements privés, notamment par l'intermédiaire d'un nombre conséquent de chaires. Elles concentrent en outre des ressources humaines conséquentes, puisqu'elles rassemblent des chercheurs de plusieurs UMR : PSE rassemble PJSE et une partie de CES (soit les deux UMR de la section 37 les mieux dotées en personnel CNRS avec des effectifs respectifs de 23 et 28 chercheurs et de 4 et 15 ITA), TSE rassemble le GREMAQ et le LERNA (laboratoire de l'INEE).

Le pôle marseillais, avec le GREQAM et son Labex AMSE (Aix-Marseille Sciences Économiques) vient en deuxième ligne et totalise 17 chercheurs et une dizaine d'ITA CNRS, suivi d'une dizaine d'UMR comptant entre 5 et 10 chercheurs CNRS et, pour certaines, un nombre conséquent d'ITA CNRS(2). Le troisième cercle enfin est constitué d'UMR plus faiblement dotées en chercheurs CNRS et, le plus souvent, en ITA CNRS.

La situation des laboratoires parisiens (Paris et banlieue) doit également être remarquée. Avec 10 UMR en rattachement principal, elles totalisent 57 % des effectifs de chercheurs et 43 % des effectifs d'ITA CNRS(3). La proximité géographique qui caractérise un bon nombre d'entre elles génère d'importantes synergies matérielles et scientifiques, ce qui renforce encore leur attractivité globale. Ces unités accueillent la moitié des CR recrutés en 2014 (71 % en 2013) et bénéficient de l'intégralité des passages DR en 2014 (la moitié en 2013). Cette situation globale ne doit toutefois pas masquer une importante hétérogénéité entre les unités franciliennes.

(2) Si l'on s'en tient aux unités en rattachement principal à la section 37, 4 d'entre elles totalisent 7 à 10 ITA, tandis que 5 ont un effectif ITA inférieur ou égal à 5, voire nul pour l'une d'elles.

(3) Relativement aux effectifs globaux de chercheurs et d'ITA des seules unités en rattachement principal en section 37.