Section 41 Mathématiques et interactions des mathématiques

I. La communauté mathématique française

Il y a en France environ 2 700 enseignants-chercheurs en mathématiques, auxquels s'ajoutent un peu plus de 350 chercheurs du CNRS relevant de la section 41 du Comité National. Il y a également un nombre important de chercheurs dont l'activité est soit essentiellement, soit en partie, dédiée aux mathématiques : au CNRS, dans d'autres sections que la 41, dans des EPST comme l'INRIA, le CEA, ou l'INSERM et enfin dans l'industrie, même si le nombre de ces derniers est difficile à quantifier. La présence de mathématiciens dans ces établissements traduit la position centrale des mathématiques parmi les sciences, position qui rend naturelles ses interactions avec les autres disciplines.

Le mode de fonctionnement de la communauté a été bien décrit par les rapports de conjoncture précédents auxquels nous renvoyons.

Au sein du CNRS, les liens entre les mathématiques et les autres domaines scientifiques ont été encouragés ces dernières années par l'ouverture de postes croisés au concours de recrutement : un chargé de recherche mathématicien, recruté par la section 41, est affecté dans un laboratoire de l'INSII(1), tandis qu'un informaticien, recruté par une section de l'INSII est affecté à un laboratoire de l'INSMI. Des mathématiciens sont également régulièrement recrutés ou promus par les comités interdisciplinaires du CNRS, notamment à l'interface math/biologie, par exemple un CR a été recruté par la section de mathématiques en 2011 et affecté dans un laboratoire relevant de l'INEE(2).

L'excellence des mathématiques françaises est bien établie et reconnue dans le monde entier. Un indicateur en est le nombre de mathématiciens exerçant en France, ou bien formés dans notre pays, qui sont lauréats de prix internationaux, ou bien invités dans des conférences internationales prestigieuses, comme le Congrès International des Mathématiciens qui a lieu cette année à Séoul. Ainsi 20 % des orateurs à ce congrès sont en poste dans une institution française d'enseignement supérieur ou de recherche et, pour une bonne partie d'entre eux, sont passés par le CNRS au cours de leur carrière. C'est le cas notamment d'Artur Avila, lauréat de la médaille Fields au Congrès de Séoul et directeur de recherche du CNRS.

La documentation et les bibliothèques jouent un grand rôle en mathématiques. La communauté mathématique française a su mutualiser sa documentation et la structurer autour de trois outils nationaux : le RNBM(3), la cellule Mathdoc et Mathrice. Un des objectifs du RNBM est de faciliter l'accès aux revues électroniques pour l'ensemble de la communauté en participant à la préparation des négociations des accords nationaux avec des éditeurs. Les modèles économiques de l'édition scientifique sont, en effet, en pleine mutation, du fait du passage progressif au tout électronique. Ces changements s'accompagnent d'une pression croissante des grands éditeurs scientifiques qui conduit à une augmentation des prix des abonnements difficilement supportable par les bibliothèques. On observe également une multiplication des journaux scientifiques dits « open access » faisant porter le coût de publication par les auteurs ; les outils nationaux devraient permettre de faire face aux nouveaux défis que posent ces mutations.

(1) Institut National des Sciences de l'Information et de leurs Interactions.

(2) Institut Écologie et Environnement.

(3) Réseau National des Bibliothèques de Mathématiques.