CID 53 Méthodes, pratiques et communication des sciences et des techniques

I. Espace de définition de la CID 53

La CID, comme toutes les commissions interdisciplinaires, n'a pas de laboratoire qui lui soit spécifiquement rattaché ; sa création récente ne lui donne accès pour la rédaction de ce rapport qu'à un nombre limité de dossiers de chercheurs, candidats, GDR, projets de revue ou d'écoles thématiques... Son périmètre a donc été défini ici à partir des candidatures présentées lors des deux premiers concours en 2012 et 2013 ; les laboratoires identifiés dans ce rapport sont ceux qui ont été choisis pour une possible affectation par les candidats.

Tableau 1 : Profil des candidats

Concours

2013

2014

Postes au concours

6

8

Nombre de candidatures

112
(84 candidats)

173
(127 candidats)

Taux de réussite Soit taux de pression

5 %
14

6 %
16

% femmes candidates

36 %

42 %

Auditionnés(2)

30 CR
et 19 DR

36 CR
et 17 DR

% de CR(3) auditionnés

32 %

33 %

% de femmes auditionnées

33 %

33 %

Candidats classés

19

12

Femmes classées

7
(37 %)

5
(29 %)

% femmes classées en rang utile

3
(50 %)

2
(25 %)

 

N'ont été pris en compte dans ce tableau que les candidats auditionnés, soit ceux dont la commission a estimé que leurs thématiques de recherche (sans parler – ce qui va de soi – de la qualité de leur dossier) s'inscrivaient bien dans le champ de la commission : soit 102 candidats auditionnés sur 184 candidatures présentés.

Quels sont les laboratoires demandés par les candidats auditionnés ? La figure de la page qui suit les classe à grands traits (notons que le CAMS, classé ici dans les sciences « formelles » relève également de l'INSHS).

Le périmètre des laboratoires potentiellement concernés par les thématiques de la CID 53 s'avère très large : plus de 70 laboratoires d'accueil différents ont été proposés lors des deux concours. Cette dispersion n'est pas totale. Quelques laboratoires spécialisés dans l'étude philosophique et historique des sciences et des techniques sont demandés de manière récurrente, servant en quelque sorte, dans leur domaine, de lieux de référence, avec des colorations disciplinaires un peu différentes : l'IHPST en philosophie des sciences, le Centre Koyré en histoire, le centre Jean Nicod en sciences cognitives et philosophie analytique, etc.

Du côté des autres laboratoires SHS moins strictement focalisés sur l'étude des sciences et des techniques, quelques laboratoires de sociologie font l'objet de plusieurs demandes : certains « généralistes » comme le CSI et le GEMASS ; d'autres spécialisés en santé, comme le CERMES, en mathématique sociale au CAMS, en communication à l'ISCC... Tous ne sont pas cités ici, en particulier ceux qui n'ont été demandés qu'une fois, mais il est intéressant de noter à ce stade qu'aucun laboratoire de droit n'a attiré ces deux dernières années de candidats intéressés par l'étude des sciences et des techniques, et qu'il n'y a eu presque aucun candidat parmi les juristes.

Pour les recherches en informatique, trois laboratoires importants attirent les chercheurs à profil interdisciplinaire : le LIP6, le LIP et Télécom ParisTech, mais aussi le CAMS (également rattaché à l'INSMI et à l'INS2I).

En sciences de la vie, comme dans les autres disciplines des sciences de la nature, l'éparpillement est total : chaque laboratoire demandé correspond à un profil particulier de recherche.

L'Île-de-France est la région centrale avec les deux tiers des laboratoires (conformément à la répartition de l'INSHS), suivi par Midi-Pyrénées et PACA.

Si on s'intéresse plus particulièrement au profil des chercheurs, l'exigence d'interdisciplinarité pose un certain nombre de contraintes.

On note que près de 60 % des candidats auditionnés ont passé leur thèse depuis moins de 48 mois ; ce qui indique que les contraintes que s'est fixée la CID en matière d'interdisciplinarité des profils et des projets, rappelées en introduction, n'invalident pas les candidatures de chercheurs en début de carrière

Trois remarques s'imposent :

Sur les 53 candidats auditionnés en CR2, moins de 10 % ont passé leur thèse depuis plus de 6 ans ; deux seulement ont leur thèse depuis un an. La médiane est à quatre ans et demi, ce qui correspond pour la grande majorité des auditionnés à une période de post-doc de durée raisonnable, surtout au regard de la précarisation actuelle des doctorants et docteurs.

Outre les profils traditionnels de SHS associés à l'étude des sciences et des techniques (philosophie, sociologie, histoire, ethnologie...), se sont présentés des candidats ayant soutenu des thèses dans les domaines de la biologie, de l'informatique, des sciences cognitives, de la physique, des mathématiques appliquées, etc.

Les différents concours auxquels postulent les candidats en plus de la CID 53 témoignent de la variété des disciplines concernées, après la thèse, par le projet de recherche. Un cinquième seulement ne postule qu'à la CID 53. Les autres se répartissent en une vingtaine de sections ou CID ; avec quatre sections plus largement demandées : 35 (Sciences philosophiques et philologiques, sciences de l'art), 36 (Sociologie et sciences du droit), 40 (Politique, pouvoir, organisation) et 6 ou 7 (Sciences de l'information), mais aussi la 33 (Mondes modernes et contemporains), la 39 (Espaces, territoires et sociétés), la CID 52 (Environnements sociétés)...

Témoigne également de cette ouverture la variété des qualifications universitaires obtenues devant le Conseil national des universités par les candidats ; la CID 53 recoupe ainsi un grand nombre de sections du CNU. La 72e section, intitulée « Épistémologie, histoire des sciences et des techniques », dont une partie des thématiques est proche, a un périmètre plus limité et une plus forte homogénéité disciplinaire. Elle ne recouvre pas, en particulier, les candidats concernés par deux des cinq ensembles de mots clefs de la CID 53 (Information scientifique et technique ; Communication des sciences et des techniques).

Le principal résultat de ces analyses statistiques (à faible échantillon de surcroît) est de montrer les limites de la définition par les disciplines pour le large domaine de recherche couvert par la CID : tant les parcours de recherche que les laboratoires estimés adéquats par rapport au domaine spécifique de la CID ne peuvent être réduits à une catégorisation disciplinaire ; les profils de collaboration des chercheurs (ou des laboratoires), par exemple, ne se laissent pas capturer par cette approche. Ces quelques observations ne fournissent donc pas une description pleine et entière des thématiques couvertes par la CID53 et des profils de chercheurs concernés ; les campagnes de recrutement à venir devraient permettre de l'enrichir.

(2) Onze chargés de recherche et quatre directeurs de recherche se sont présentés à deux reprises, en 2013 et 2014.

(3) On sait que les sections ne peuvent choisir les directeurs de recherche qu'elles auditionnent.