Section 37 Économie et gestion

Conclusion

Ce rapport de conjoncture montre de façon claire la vivacité de la recherche en économie-gestion en France, même si certaines difficultés relatives au recrutement, à la rémunération, à la gestion des carrières et au renouvellement des personnels, ainsi qu'aux financements et à la coordination des institutions, viennent parfois en entraver le dynamisme.

Ce qui frappe avant tout c'est que les UMR sont des lieux privilégiés de la recherche et ce d'autant plus que la remise en question de certains fondements de nos disciplines et le recours nécessaire à des approches complémentaires ou des méthodes issues d'autre champs disciplinaires nécessitent de pouvoir développer des programmes audacieux et innovants.

Le cloisonnement de nos disciplines selon des thématiques plus ou moins étanches semble bien révolu. Même si les comportements stratégiques de chercheurs jeunes ou moins jeunes conduisent parfois encore à des logiques d'hyperspécialisation sur des questions pointues et en général très techniques, l'avenir semble plutôt à l'ouverture intellectuelle. L'organisation encore très traditionnelle de la plupart des laboratoires en axes thématiques se double d'interactions de plus en plus fortes entre ces axes. Ce qui émerge relève davantage d'une vision transversale fondée sur des objets de recherche, voire sur des outils. Les sciences économiques et de gestion retrouvent, ou du moins renforcent, leur identité de sciences sociales, dans le sens où elles sont appelées à trouver une nouvelle légitimité dans leur capacité à apporter des réponses à des problèmes de société, tout en dialoguant et se nourrissant des autres sciences sociales.

Une vision moderniste de l'organisation de la recherche doit placer l'interdisciplinarité au cœur de sa démarche, au sein des sciences sociales et au-delà vers les sciences dites dures. Dans cette optique, l'interdisciplinarité ne peut seulement se déléguer à une poignée de CID, mais doit être portée au sein même de la section économie-gestion comme une préoccupation majeure pour régénérer les cadres traditionnels de la pensée. Nombreux sont les travaux qui vont dans ce sens et il nous semble important de ne pas abandonner cette orientation aux aléas des initiatives locales. C'est le rôle du CNRS de porter une vraie politique scientifique nationale délivrée des contraintes de sites et de contribuer à insuffler des initiatives ambitieuses aux frontières de la connaissance. C'est pourquoi nous pensons que le CNRS, dans le secteur de l'économie-gestion, a un rôle important à jouer qui, contrairement à certaines prises de position récurrentes, ne doit certainement pas se réduire à devenir une simple agence de moyens.