Section 20 Biologie moléculaire et structurale, biochimie

Conclusion

Maintenant que les outils et cadres conceptuels ont été développés, les nouveaux défis adressés aux chercheurs de la section 20 couvrent un vaste domaine d'investigation. Le décryptage du code post-traductionnel et l'intégration des réseaux de modifications post-traductionnelles à l'ensemble des réseaux de signalisation cellulaire ainsi que la compréhension de la multifonctionnalité de certains ARN et protéines qui révolutionne notre façon de voir le fonctionnement cellulaire constituent des enjeux majeurs. Le développement d'approches multi-échelles et le développement d'une réelle approche RNomics devraient nous permettre d'aborder cette problématique avec l'aide de la biologie structurale intégrative qui associe les techniques de haute et basse résolution aux approches dynamiques.

Le développement de la biologie synthétique s'inscrit dans une démarche interdisciplinaire de grande envergure conceptuelle et technologique qui dépasse de loin les frontières scientifiques actuelles et doit nous mobiliser, afin de rester, malgré la concurrence globale, une stratégie affichée claire et ambitieuse qui doit être associée à des moyens humains et financiers.

L'apport des techniques de biologie des systèmes, en particulier les séquençages à haut débit de banques d'ARN issues d'échantillons et de conditions biologiques multiples, ne doit pas faire oublier la nécessité d'une étude approfondie des mécanismes biologiques, dont ceux impliquant l'ARN et leurs complexes macromoléculaires, et des relations souvent transitoires et hiérarchiques entre ces molécules. Ces études très pointues incluent des approches expérimentales et théoriques et ne sont souvent possibles qu'au cas par cas. Mais elles sont souvent les seules à pouvoir in fine apporter une compréhension des mécanismes biologiques aux niveaux moléculaires et atomiques. Elles restent cruciales pour comprendre les mécanismes pathologiques et le détournement des mécanismes biologiques par les agents infectieux et pour le développement de stratégies thérapeutiques pertinentes.

Dans la situation économique actuelle, la tentation est grande de se limiter à l'étude d'un seul organisme supérieur (l'homme) et d'un petit nombre de micro-organismes pathogènes. Mais ce serait là la façon la plus sûre de passer à côté de découvertes majeures. Rappelons simplement que la GFP, qui a illuminé notre vision de la biologie, provient d'une méduse, que le système CRISPR, qui promet de révolutionner la génétique, a été découvert en étudiant la résistance de bactéries non pathogènes à l'infection par des phages et que l'avancée spectaculaire de nos connaissances de l'immunité innée chez l'homme doit beaucoup à l'étude des insectes.

L'évolution actuelle va clairement dans le sens d'une diminution des moyens d'intervention du CNRS tant au niveau financier qu'en personnel. En parallèle, du fait, entre autres, du Programme d'Investissement d'Avenir, il y a un accroissement déraisonnable des écarts de financements et personnels alloués à certaines équipes, sans qu'un accroissement significatif de la performance ne semble le justifier, du moins pour notre instance.

Cette politique associée à une orientation de la recherche étouffe de nombreuses équipes performantes laissées pour compte et porte en elle le déclin de la recherche française.

« Parce que la tortue a le pied sûr, est-ce une raison pour couper les ailes de l'aigle ? » Edgar Allan Poe.