Section 15 Chimie des matériaux, nanomatériaux et procédés

Conclusion

Nous conclurons ce rapport en attirant l'attention du lecteur sur trois points qui nous paraissent déterminants – en positif comme en négatif – pour l'avenir des chimistes rattachés à la section 15. Du côté négatif, la section partage les inquiétudes qui sont nées ces dernières années de la décroissance continue du nombre des postes offerts à l'entrée au CNRS. Elle s'alarme du sort qui est ainsi réservé aux jeunes les plus brillants, passionnés par la recherche et pourtant abandonnés, des années durant, à la répétition de post-doctorats à l'étranger, en dépit des sommes considérables que la société a consenties à leur formation. Comme la plupart des autres sections, elle réclame la mise en place d'un plan pluriannuel en faveur de l'emploi scientifique statutaire afin de mettre un terme au gâchis des talents qu'elle constate année après année, et prévenir leur migration massive vers l'étranger qui ne manquera pas de se produire dans un futur proche.

Du côté positif, elle est heureuse de constater combien l'enthousiasme des jeunes est fertile d'inventivité et d'innovations. La recherche exploratoire, sur laquelle nous avons insisté plus haut dans ce rapport, est une réalité tangible qui bénéficie autant à l'avancée des connaissances qu'au progrès socio-économique et à nos industries, le moment venu. Cet effort doit être soutenu par les agences de financement de la recherche, au plan national comme européen puisque les crédits récurrents n'y suffisent plus depuis bien longtemps. Enfin, s'il n'est plus pertinent de distinguer entre recherche fondamentale et appliquée, du moins dans le périmètre scientifique de la section, il reste cependant important de constater combien l'enracinement de nos laboratoires dans les contacts et les collaborations industrielles est source de thématiques nouvelles et d'enrichissement mutuel. Les exemples abondent : alliages métalliques, matériaux ioniques, films minces, matériaux pour l'optique, etc. qui tous engagent les chercheurs de la section dans des collaborations pérennes avec l'industrie. Cette recherche s'accommode plus facilement que la recherche exploratoire des appels à projets et des programmes à terme court, mais exige sur le long terme que les conditions du ressourcement leur soient associées. Ces conditions doivent prendre en compte la mobilité intrinsèque à nos disciplines de leurs interfaces. Cette mobilité entraîne régulièrement dans le périmètre de la section de nouveaux matériaux (graphène, nanoparticules pour la vectorisation médicale, etc.), de nouveaux procédés (frittage flash, ALD, fabrication additive, etc.), de nouveaux concepts (tectonique moléculaire, simulation mésoscopique, etc. pour ne citer que quelques exemples) qui incitent la section 15 à modifier sa réflexion comme à adapter son périmètre. La seule lecture du présent rapport n'y suffit pas et on pourrait envisager que la commission des présidents du Comité National se saisisse régulièrement de la mise à jour des connaissances partagées par plusieurs sections ainsi que par les commissions interdisciplinaires.