Section 40 Politique, pouvoir, organisation

Annexe 1

La problématique des IT en section 40

Les unités rattachées au Comité national comptent 14 000 ingénieurs et techniciens CNRS(1). 10 % d'entre eux travaillent dans des unités de sciences humaines et sociales, mais leurs effectifs sont en constante diminution. Ils sont passés de 1 505 en 2009 à 1 412 en 2013, soit une baisse de 6 %. Parmi eux, 99 s'inscrivent dans les unités rattachées à la section 40 à titre principal (notons que ces unités comptent presque autant d'IT non-CNRS, mais nous n'avons pas obtenu de données plus détaillées sur ces derniers(2)). Ces effectifs stagnent et la moitié des IT CNRS de la section 40 a aujourd'hui atteint 50 ans (ce n'est le cas que d'un tiers des IT dans les sections non-SHS, et de 4 IT sur 10 dans les autres sections SHS, voir graphique 1). En section 40, un tiers des IT a même atteint 55 ans, et 17 agents ont 60 ans ou plus (voir graphique 2).

Ces ingénieurs et techniciens sont répartis dans quatre branches d'activité professionnelles (BAP, voir graphique 3). La BAP E (informatique, statistique et calcul scientifique) et la BAP G (patrimoine, logistique, prévention et restauration) ne concernent que 9 agents (8 pour l'une, 1 seul pour l'autre). La branche d'activité la plus importante est la BAP J (gestion et pilotage), avec 39 agents, une proportion bien supérieure à la moyenne des autres sections SHS (27 %). Ces agents exercent des activités transversales d'accompagnement de la recherche : gestion administrative et financière des unités, valorisation, coordination des réponses aux appels à projets, recherche de financements... Dans un contexte de transformation des conditions d'exercice de la recherche (multiplication des contrats divers, montage et gestion de projets, etc.), ces agents constituent une ressource précieuse pour les unités. Les IT sont ensuite répartis à égalité (25 et 26 agents) dans les BAP D (sciences humaines et sociales) et F (documentation, culture, communication, édition, TICE). Ces métiers requièrent des compétences disciplinaires fortes ainsi que des savoir-faire techniques particuliers. Ainsi, la BAP D est quasi exclusivement composée d'IE et d'IR, qui participent à la production scientifique des laboratoires. Ils relèvent tous (sauf 1) des familles DA (production et traitement de bases de données) et DD (production et analyse de données), emplois menacés au CNRS(3). Dans le rapport de conjoncture 2010, la section soulignait déjà que « le non-renouvellement de ces agents aura (...) nécessairement des conséquences néfastes directes sur la qualité de la recherche »(4). Une récente étude de l'OMES lance à nouveau un cri d'alarme(5). Les mêmes observations pourraient probablement être faites pour les métiers de la BAP F.

En SHS, les IT sont donc fortement touchés par la crise de l'emploi scientifique, et en l'absence de plan pluriannuel de recrutement, la situation s'annonce particulièrement critique pour les unités de recherche de la section.

Une majorité des IT se trouve dans le corps des ingénieurs d'études (n = 40). Viennent ensuite les assistants ingénieurs (n = 21) et les techniciens (n = 20), puis les ingénieurs de recherche (n = 16). Enfin, deux membres sont encore en catégorie C (Adjoints Techniques de la Recherche).

(1) Les chiffres présentés dans cette annexe sont extraits des bilans sociaux du CNRS. Pour les données plus détaillées sur les IT, c'est l'Observatoire des métiers et de l'emploi scientifique (OMES) qui nous a transmis ses statistiques (au 31/12/2013). Nous l'en remercions.

(2) ... sinon qu'ils appartiennent, pour plus de la moitié d'entre eux, à la Fondation Nationale de Sciences Politiques ou à Sciences Po Paris. On observe aussi un pôle à Grenoble (Université Pierre Mendès-France et IEP). Les autres dépendent du ministère de l'Éducation Nationale ou du CEREQ, des ENS de Lyon et Cachan, de l'EHESS, de l'IEP de Lyon, du CNAM, de l'Académie de Paris ou d'universités (Versailles-Saint-Quentin, Bordeaux, Toulouse 2, Montpellier 1, Strasbourg, Lille 2, Paris-Dauphine et Paris 1). Source : Labintel, consultation du 08 juillet 2014.

(3) Au CNRS, les effectifs des familles DA et DD ont diminué de 40 % en 10 ans, passant de 374 en 2002 à 222 agents en 2012. En section 40, les IR sont principalement dans ces familles ; leur âge moyen est de 58 ans.

(4) CNRS, Rapport de conjoncture 2010, Paris, CNRS Éditions, 2011, p. 826. http://www.cnrs.fr/comitenational/doc/rapport/2010/Rappconj_2010_interactif.pdf

(5) OMES, BAP D au CNRS, Entre savoirs et savoir-faire, compétences disciplinaires et compétences techniques, les métiers des ingénieurs et techniciens en sciences humaines et sociales, CNRS, décembre 2012, 116 p. http://www.dgdr.cnrs.fr/drh/omes/documents/pdf/Etude-BAP-D-2012.pdf