Section 39 Espaces, territoires et sociétés

3. Thématiques

3.1. Balayage global

Le retour des directeurs d'unités sur le paysage actuel de la section, ainsi que l'expérience des concours de recrutement, la vision des bilans individuels faits par les chercheurs CNRS à l'occasion des diverses campagnes (vague, mi-vague), les thématiques des dossiers d'accueil en délégation, la lecture des bilans faits par les laboratoires à l'occasion des visites AERES, les divers contacts avec la communauté enfin, montrent la pertinence et l'actualité des mots-clés qui dessinent le périmètre de la section 39, dans lesquels se retrouvent aisément tant les unités que les individus. Le périmètre scientifique de la section tel qu'il est cadré par les grands domaines cités constitue toujours l'identité scientifique des équipes et des chercheurs de la section.

Par ailleurs, lors de l'enquête effectuée auprès des unités, plusieurs répondants ont choisi de se concentrer sur les thématiques émergentes du périmètre scientifique couvert par leurs unités. Un balayage de ces thématiques émergentes (qui n'est certainement pas exhaustif) permet d'identifier des champs de recherche en plus des références partagées aux mots-clés :

– mobilités, circulations et migrations

– énergie

– nature (en ville)

– durabilité (des pratiques sociales, des domaines de l'action publique territorialisée)

– régionalisations

– modélisation

– santé et bien être

– relations hommes/milieux/acteurs

– écologie en lien avec l'aménagement du territoire

– changement climatique (dans toutes ses dimensions)

– villes, croissance urbaine, métropolisation en lien avec les dynamiques environnementales

Enfin, on note la mention très fréquente d'une attention aux questions de recherche fondamentale (théories des liens entre espaces et sociétés), le souci de développer des méthodologies innovantes, de renforcer les différentes formes de pluridisciplinarité, et d'intégrer mieux encore la prise en compte des temporalités.

3.2. L'environnement dans la section 39

Les questions environnementales sont travaillées dans leur lien aux sociétés et aux territoires, à la croisée donc des thématiques portées par l'InSHS et l'InEE. La fréquence des thématiques environnementales dans les bilans d'activité comme dans les projets présentés aux concours est notable. Outre la publication scientifique, il faut signaler l'importance de la valorisation auprès des acteurs engagés dans l'action territoriale, qu'il s'agisse d'applications agronomiques, architecturales, cartographiques, ou d'ingénierie écologique. Elle contribue à structurer, de manière réflexive, les processus de gouvernance territoriale de l'environnement et des sociétés.

Les recherches explorent diverses manières d'appréhender les relations sociétés-nature, en fonction de différents paradigmes qui structurent le champ. Sans que ces approches s'excluent, elles se singularisent par la manière de considérer la nature et ainsi de la construire comme objet scientifique, en écho avec les débats critiques sur la scène internationale (Political Ecology, Critical Political Ecology ou encore dans les Science and Technology Studies). Trois postures peuvent être identifiées : l'une constructiviste qui voit la nature comme pure construction sociale, une autre réaliste (la nature comme composante de la réalité), le relativisme enfin (les énoncés ne sont pas nécessairement universels mais influencés par les représentations et stratégies des acteurs). Les différents travaux engagés se répartissent entre ces trois pôles en un continuum sans frontières très nettes.

Certaines recherches concernent essentiellement la compréhension des sociétés et de leur inscription dans l'espace. D'autres visent à éclairer les adaptations ou les facteurs de résilience des sociétés et des territoires face aux dynamiques environnementales. Dans le dialogue avec les autres disciplines concernées par l'objet « environnement », chacune de ces approches apporte une dimension spatiale originale qui nourrit la connaissance.

Ces recherches se déploient à différentes échelles et mobilisent différents niveaux d'organisation sociale (des habitants aux organisations internationales). En effet, en mobilisant deux systèmes hétérogènes inégalement répartis dans l'espace (les systèmes sociaux, d'une part, et les systèmes biophysiques, d'autre part) les relations analysées sont chaque fois originales et inscrites dans des territoires particuliers. Mais l'effort de conceptualisation des phénomènes et processus étudiés permet d'éprouver les hypothèses, de tester les régularités et différences construites à l'aune de la diversité des territoires, et donc de construire une montée en généralité, ce point étant une piste à développer dans l'avenir.

Les travaux engagés font appel à des outils d'observation et des modes de formalisation très variés, et mobilisent des méthodologies d'observation ou de mesure directe ou indirecte.