Section 39 Espaces, territoires et sociétés

1. Les unités

1.1. Ressources humaines(1)

Fin juin 2014, la section 39 a dans son périmètre, sur le territoire national, un total de 74 structures ou unités de recherche. Il s'agit de 40 unités de recherche (39 UMR, 1 UPR), 13 unités de service et/ou de recherche (4 UMS, 13 USR dont 12 sont des MSH), auxquelles s'ajoutent 13 unités de recherche à l'étranger (1 UMI, 12 USR en soutien aux UMIFRE MAE), 8 structures de recherche en réseau (4 FR et 4 GDR). Au total, 5 590 personnes exercent une activité dans ces structures. Parmi elles, 75 % des personnels permanents sont des personnels des universités et autres organismes de recherche (1 768 chercheurs et enseignants-chercheurs ; 352 ingénieurs, techniciens et personnels administratifs non CNRS) ; 698 agents y sont affectés par le CNRS : 371 IT et 327 chercheurs.

1.1.1. Les unités en rattachement principal

La section 39 compte 27 UMR en rattachement principal, auxquelles s'ajoutent 7 USR (6 unités en cotutelle avec le MAE et 1 MSH), 1 UMI, 1 UMS, 1 FR et 2 GDR. Sur les 27 UMR, 4 sont pilotées par l'InEE.

Les 27 UMR sont de taille très variable, avec des effectifs allant de 22 à 285 membres. Malgré une relative stabilité des effectifs entre 2012 et 2014 (-2 % en moyenne), la disparité des situations est toutefois importante avec des variations localement très fortes allant d'une forte baisse à une augmentation significative du nombre de membres (jusqu'à +30 %). Le caractère spectaculaire de ces évolutions est souvent lié à l'évolution des périmètres des unités : l'augmentation des effectifs peut s'expliquer par l'intégration de nouveaux membres en provenance d'autres équipes et non par une vague de recrutements. Les effectifs CNRS de ces unités évoluent peu et sont de l'ordre de 144 chercheurs et 168 IT en 2014(2).

3 329 personnes, dont 1 618 permanents, travaillent dans ces 27 UMR et au sein de l'UMS(3) (2 932 pour les unités opérées par l'InSHS ; 397 pour celles de l'InEE). Sur les 1 618 permanents, 1 309 sont issus des universités et d'autres organismes de tutelle hors CNRS ; 309 relèvent du CNRS, soit 19 % du total. Le poids relatif du CNRS dans la composition varie selon les catégories de personnels. Alors que les chercheurs CNRS représentent 10,3 % du total des chercheurs et enseignants-chercheurs, tous organismes confondus, les Ingénieurs Techniciens sont eux à 60,8 % des agents du CNRS. Avec 172 IT et 137 chercheurs, le ratio IT CNRS / Chercheurs CNRS est de 125 % (il était de 104 % en 2004, puis descendu de façon préoccupante à 93 % en 2010). 302 personnels de ces unités ont un statut contractuel, soit 15 % de l'effectif total hors doctorants. 1 358 doctorants effectuent une thèse dans ces unités.

Les 1 618 permanents de ces unités ont un âge moyen 48,5 ans. 42 % sont des femmes, 58 % des hommes (ce taux étant un peu plus important dans les unités de l'InEE, avec 62 %). Les âges moyens des chercheurs comme des IT CNRS sont comparables (47,5 ans).

1.1.2. Le personnel chercheur

Avec plus de 140 chercheurs dans les unités en rattachement principal, le CNRS entend affirmer une présence sur des profils scientifiques qui peuvent éventuellement différer de ceux des enseignants-chercheurs, contribuant ainsi à la diversité de la palette des unités. La dynamique des recrutements annuels, point crucial du bilan des années écoulées, ainsi que les thématiques proposées par les jeunes chercheurs recrutés, sont analysés plus loin.

1.1.3. Le personnel d'accompagnement à la recherche : l'apport du CNRS

On dénombre 283 personnels d'accompagnement à la recherche (IT, ITARF, BIATSS), dont 172 agents du CNRS, qui travaillent dans les unités de la section 39 (UMR et UMS)(4). 95 % de ces 172 ingénieurs, techniciens et administratifs du CNRS exercent des métiers relevant de 4 des 8 branches d'activité professionnelle (BAP) : BAP D, Sciences humaines et sociales pour un tiers d'entre eux ; BAP F, Information : documentation, culture, communication, édition TICE pour 24 % ; BAP E, Informatique, statistique et calcul scientifique pour 12 % et enfin BAP J Gestion et pilotage pour 26 %.

Les personnels des métiers d'appui aux recherches en sciences humaines et sociales (BAP D) sont les plus nombreux dans les unités. Ils représentent même 50 % des IT dans les 4 unités pilotées par l'InEE, tandis qu'ils ne sont que 30 % dans les unités de l'InSHS, faisant jeu égal avec les 27 % d'IT de la BAP F (Information : documentation, culture, communication, édition, TICE).

Sur les 57 personnels IT de la BAP D en poste dans les unités de la section 39, 55 sont assistants ingénieurs, ingénieurs d'études ou de recherche. Leurs métiers sont ceux du traitement, de l'analyse et de la représentation de l'information spatiale (cartographie, géomatique...) pour 33 d'entre eux, du traitement et de l'analyse de bases de données, de la production et de l'analyse de données ou encore de l'analyse de sources.

44 agents CNRS travaillent dans des métiers de la BAP F, autre spécificité des unités de l'InSHS (2 agents sont dans une unité de l'InEE), dont 34 sont assistants ingénieurs, ingénieurs d'études ou de recherche. Les métiers présents dans les unités sont ceux de l'information scientifique et technique, collections patrimoniales (22 IT chargés de ressources documentaires...), de l'édition multisupports, impression, graphisme (12 IT dont les secrétariats d'édition et de rédaction en appui aux revues), de la médiation scientifique, culture, communication (8 IT chargés de la communication) et de la production TIC/TICE, audiovisuel, multimédia (2 IT).

23 IT exercent des métiers relevant de la BAP E, dont près de la moitié sont en statistiques et en développement d'applications.

Le CNRS joue un rôle majeur dans le recrutement des personnels d'accompagnement à la recherche des unités. En 2013 et 2014, 12 postes ont ainsi été créés ou renouvelés sur les UMR et UMS de la section : 4 en BAP D et plus particulièrement dans la famille professionnelle « traitement, analyse et représentation de l'information spatiale » (11 postes sur les 21 de la BAP D mis sur des unités de la section entre 2004 et 2014 relèvent de cette famille), 4 en BAP F (ressources documentaires, communication et secrétariat de rédaction de revue), 1 en BAP E (développement d'applications) et 3 en BAP J pour la gestion et le pilotage des unités.

 

1.2. Les effets de l'évolution du contexte institutionnel sur les unités

Fin juin 2014, un questionnaire a été adressé aux directeurs d'unités en rattachement 39 (principal ou secondaire) afin de solliciter leur avis sur l'évolution des périmètres institutionnels, des thématiques de recherche, et de la vie des laboratoires en général (19 répondants). Les répondants évoquent de manière différenciée l'effet de l'élargissement de la taille des unités (intégration de nouvelles équipes). Certaines intégrations sont vécues positivement quand elles sont le fruit d'une initiative locale, mais c'est rarement le cas d'après eux. Le risque de l'éparpillement des thématiques résultant d'élargissement des périmètres des UMR est signalé et il est adressé aux laboratoires lors des évaluations ; même si on peut noter des effets positifs comme un élargissement bienvenu des thématiques, une internationalisation accrue des travaux.

Dans les cas de fusions ou d'intégrations impulsées par une ou plusieurs tutelles, le manque de concertation est pointé, ainsi que la précipitation des calendriers. La multiplication des tutelles, là où elle est observée, est signalée comme générant des problèmes.

Les fusions d'universités, déjà effectives ou en cours de réalisation, font particulièrement débat. Certains directeurs d'unités y voient un avantage, avec la réduction du nombre de tutelles, mais à l'inverse d'autres y voient un danger important avec en particulier une menace sur les SHS et leur spécificité.

En général, on note une inquiétude liée aux changements des modes de coordination, car la difficile adaptation aux nouvelles contraintes institutionnelles empêche de placer la stratégie et les contenus scientifiques au cœur des préoccupations des unités. Les transformations institutionnelles, qui sont difficiles à décrire dans le détail car elles affectent différemment les sites et les unités, sont donc génératrices de difficultés et d'inquiétudes (notamment sur la dispersion thématique) comme d'opportunités.

1.3. Le développement d'un périmètre spécifique : l'architecture

Les UMR liées aux Écoles nationales supérieures d'architecture (ENSA) connaissent un développement sensible, en propre et dans leurs interactions avec d'autres objets, domaines et disciplines de la section 39 et des autres structures du CNRS. Le positionnement institutionnel de ces unités assure un double ancrage des recherches dans l'enseignement du projet architectural, urbain et paysager, et dans sa pratique par des activités d'évaluation, d'expertise et de prospective. Il a permis l'élaboration d'un champ de recherche spécifique sur l'architecture qui vise à informer la connaissance des dispositifs spatiaux/compositions spatiales, des processus de conception, de production et de transformation des édifices et des territoires urbanisés. Ce champ de recherche, ancien, a été conforté par la reconnaissance institutionnelle récente, en 2005, du doctorat en architecture. Il est caractérisé par la grande diversité de ses objets qui concernent tant les approches sensibles des espaces habités en termes d'ambiances, que celles des modèles et des outils de simulation en architecture, les études de typo-morphologie urbaines dans leurs dimensions patrimoniales et projectuelles que celle des usages et des rapports des citadins à la ville... ou encore les nouveaux enjeux socio-économiques et environnementaux et leur prise en compte dans le processus de projet.

(1) Les comptages ont été effectués à partir de l'extraction de la base ZENTO.

(2) Données issues des extractions de LABINTEL en 2012 et 2014.

(3) Nous ne disposons pas des données sur les USR et l'UMI (base ZENTO).

(4) L'extraction de Labintel indique 17 IT CNRS travaillant dans les USR et UMI rattachées à la section 39.